samedi, mars 24, 2007

À l'aube des élections

Depuis que j'ai ouvert ce blogue, en dépit de mes bonnes intentions, je n'ai trouvé aucune source d'inspiration pour y rédiger et publier mes états d'âme. Je me souviens avoir été impressionné par la rapidité avec laquelle je suis parvenu à créer mon blogue. J'étais, à ce moment, tout excité à l'idée d'avoir enfin une tribune pour m'exprimer. Mais j'avais toutefois sous-estimé l'importance d'avoir des idées pour pouvoir les partager avec la communauté... En fait, ce ne sont pas les idées qui manquent, mais plutôt l'argumentation pour les soutenir et le temps pour les mettre en forme.

Mais voilà qu'enfin, une inspiration me vient. Il fallait que le Québec, mon pays, soit secoué par une campagne électorale pour le moins intéressante. Pour la première fois en 30 ans, il y a une véritable lutte entre trois partis et une dissension au sein de l'électorat. Alors que les deux partis traditionnels s'échangeaient le pouvoir dans une insipide valse à tous les quatre ans et que le résultat des élections était à chaque fois devenu prévisible, cette fois-ci c'est différent. Il semble que les québécois en ont assez de ce gouvernement de frimeurs qui les a bernés au cours du dernier mandat.

Cette fois-ci, ils s'apprêtent à rompre avec les traditions électorales. Le gouvernement libéral de Jean Charest pourrait ne pas être réélu pour son deuxième mandat. Ou s'il est réélu, ce sera vraisemblablement au sein d'un gouvernement minoritaire...

Un gouvernement minoritaire. Voilà un scénario intéressant pour une province qui nage dans les contradictions depuis plus de 30 ans... Depuis que l'option souverainiste est devenue atteignable, depuis l'élection du premier gouverment du Parti Québécois en 1976, les québécois jonglent avec l'idée de porter un grand coup au système politique fédéral en proclamant leur indépendance politique. Ce fantasme obsède plusieurs québécois (dont moi) depuis ce temps.

Après que le gouvernement libéral ait atteint le plus bas taux d'insatisfaction auprès de l'électorat dans l'histoire du Québec, le Parti Québécois, porte-étendard du projet souverainiste, a vécu de son côté l'une des plus grandes crises depuis sa fondation. Une course à la chefferie a provoqué un grand remaniement au sein du parti, menant à l'élection du nouveau chef, André Boisclair, dont le leadership est plutôt contesté. Son arrivée a précipité le départ de certains bonzes du parti dont Pauline Marois et Jean-Pierre Charbonneau, pour ne nommer que ceux-là.

André Boisclair a dû défier ses détracteurs et relever le défi de rebâtir ce parti. Il s'est adjoint des personnalités publiques connues et crédibles, comme Pierre Curzi (comédien), Bernard Drainville (journaliste) et Yvan Loubier (ex-député bloquiste). Dans l'adversité, il a su organiser un programe de parti des plus cohérents, mettre en relief les véritables priorités que sont l'éducation et l'environnement, et sortir de la démagogie qui caractérise le discours de ses adversaires.

Au début de la campagne électorale, j'étais sur le point de quitter le navire. Pour la première fois de ma jeune vie, je me promettais de voter pour un autre parti. En sachant que dans le comté où je réside (Westmount St-Louis), mon vote ne ferait aucune différence - les libéraux sont assurés d'y être réélus même si le candidat choisi était le dernier des cons - je m'apprêtais à donner mon appui au parti vert...

Mais avec ce que je vois, ce que j'entends et ce que je lis sur le parti québécois, son programme me séduit. Quant à son chef, il ne m'a pas déçu. Je dirais même plus qu'il m'a surpris. Ça fait plus de cinq ans que j'épouse la cause de l'éducation et que je soutiens que c'est la voie de l'avenir. Que c'est par l'éducation que nous ferons progresser le Québec, pour contrer la concurrence mondiale et favoriser l'innovation. Jusqu'à maintenant, aucun parti n'avait compris cet enjeu fondamental, avant que le PQ ne se l'approprie, à ma plus grande joie.

L'arrogance et le mépris chronique de Jean Charest n'attire que les obsédés anti-souveraineté, aveuglés par la crainte de voir leur confort perturbé par un projet de société qui n'est pas le leur. Le discours populiste de Mario Dumont rappelle l'époque de Maurice Duplessis et son fameux buttin, donnant l'impression qu'il fera reculer le Québec de 50 ans avec ses politiques conservatrices et sans vision d'avenir. À mon sens, se contenter d'être autonomiste, c'est simplement être lâche...

Monsieur Dumont, vous ne l'avez peut-être pas remarqué, mais le Québec est autonome depuis longtemps, avec son propre gouvernement, sa langue et sa culture unique. Revendiquer plus d'autonomie pour une province qui l'est déjà, ça mène inévitablement vers l'indépendance. Il n'y a pas d'autre voie.

Le Parti québécois est le seul parti à proposer un projet de société différent des autres, capable de forcer une rédéfinition du système et des pratiques politiques. Nous aurions l'occasion d'enfin pouvoir changer les choses et cesser de dire que "la politique c'est de la m..."". Ce n'est que par sa souveraineté que le Québec sera capable d'affirmer sa différence en se dissociant des politiques fédérales pro-américaines du gouvernement fédéral de Stephen Harper. Et c'est par la souveraineté que le Québec sera capable de faire rayonner sa métropole à travers le mond, pour promouvoir sa culture unique et son identté propre.

Il est grand temps qu'on prenne les moyens pour que le vent tourne. Le "timing" n'est pas peut-être pas le meilleur présentement, mais il faut que le débat constitutionnel revienne à l'avant-plan et qu'on force les québécois à se repositionner sur ce sujet fondamental.

Je suis décidé, je donne mon vote au PQ. N'en déplaise aux anti-souverainistes de mon conté de Westmount, il y aura au moins un vote pour le Parti québécois.